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SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE EN 2009 ET PERSPECTIVES POUR 2010
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Mise à jour du 8 juillet 2010)

Au cours de l’année 2009, les principaux secteurs de l’économie centrafricaine, notamment les filières bois et diamant, ont beaucoup souffert des répercussions de la crise financière internationale. A cela, il convient d’ajouter les conséquences de la crise de l’électricité sur les activités industrielle et commerciale. En conséquence, la décélération de l’activité économique amorcée depuis 2007 s’est poursuivie, avec un faible taux de croissance de 1,4 % contre 2 % en 2008 et 3,6 % en 2007, selon les estimations de la BEAC. Du côté des Autorités publiques, le taux de croissance du PIB réel est estimé à 1,7 % en 2009.

Cette évolution de l’activité économique peut être présentée de la manière suivante selon les optiques demande et offre :

· Au niveau de la demande globale,
La demande intérieure demeure le levier de la croissance économique, avec une contribution positive de 1,9 points en 2009. Cette participation résulte du maintien de la consommation privée et du dynamisme des investissements privés. Cependant, la demande extérieure nette a continué de grever la croissance, avec une participation négative de 0,5 point, en raison essentiellement de la contraction des exportations des biens et services non-facteurs.

· Au niveau de l’offre globale,

- Dans le secteur primaire

Les activités ont évolué de façon contrastée dans les différentes branches de ce secteur : pendant que les cultures vivrières se sont consolidées et la production de café a quasiment doublé à 3 874,8 tonnes, les productions de coton graine et du bois se contractées respectivement de 14,2 %, à 2 878 tonnes, et de 35,2 % à 408 725 m3. La chute de la production sylvicole est essentiellement imputable à la baisse de la demande mondiale.

- Dans le secteur secondaire

A l’exception de la branche des BTP qui est restée dynamique, avec une progression de 6 % du chiffre d’affaires à 2 257 millions de FCFA, accompagnée de la reprise de la production de l’huile de palme et du redressement de la production de l’électricité de 8,2 % à 136 619 Mwh, les performances du secteur minier et des industries manufacturières ont été sombres. En effet, la production du diamant brut a reculé de 17,7 %, s’établissant à 310 468 carats ; la production du sucre a régressé de 28,5 % à 13 775 tonnes et l’offre de l’eau potable brute s’est légèrement contractée de 1 %, s’inscrivant à 9,5 millions de m3.

- Dans le secteur tertiaire

Seul le secteur de la téléphonie mobile a connu une activité vigoureuse, marquée par une hausse de 32,6 % du chiffre d’affaires qui s’est établi à 25 829 millions de FCFA. Par contre, les autres sous-secteurs ont enregistré des contre-performances. Le chiffre d’affaires du secteur commercial a baissé de 1,2 %, à 68 100,3 millions de FCFA ; le volume de marchandises affrétées par voie routière, aérienne et fluviale a reculé de 20,6 %, 44,9 % et 10 % respectivement ; et le secteur hôtelier a vu son chiffre d’affaires régresser de 17,9 %, s’inscrivant à 1 783 millions de FCFA.

· Sur le front des prix,

Les tensions inflationnistes observées au début de l’année 2009 se sont progressivement atténuées au deuxième semestre. Le taux d’inflation, qui était de 9,3 % en moyenne annuelle à fin décembre 2008, a sensiblement décéléré pour se situer à 3,5 % au 31 décembre 2009, en relation essentiellement avec le recul des prix de certains produits alimentaires. Toutefois, le niveau de l’inflation est resté légèrement au-dessus de la norme communautaire.

· Au niveau des finances publiques,

L’exécution budgétaire a été globalement satisfaisante, grâce à une meilleure mobilisation des ressources publiques et une maîtrise des dépenses désormais contenues à un niveau raisonnable. De la sorte, les recettes propres recouvrées ont atteint 100,8 milliards contre 92,5 milliards un an auparavant, soit une hausse de 9 %. Ce niveau de recouvrement représente 99 % des prévisions du collectif budgétaire et 101,9 % des prévisions révisées du programme appuyé par la Facilité Elargie du Crédit (FEC). Cette bonne performance est imputable essentiellement aux recettes fiscales qui ont atteint 81 milliards contre 70,7 en 2008, en liaison avec la bonne tenue des recettes douanières et des impôts indirects, notamment la taxe sur la valeur ajoutée. En revanche, les recettes non fiscales se sont contractées de 9,2 %. Les dépenses publiques engagées se sont inscrites à 136,8 milliards, en légère baisse de 1 % par rapport aux 136,8 milliards de dépenses engagées une année auparavant. En conséquence, la gestion des finances publiques s’est soldée par un déficit, base engagements, hors dons de 36 milliards (3,6 % du PIB), en net recul de 21,2 % par rapport au niveau déficitaire de 45,7 milliards (4,8 % du PIB) enregistré une année auparavant.

· Concernant l’évolution des échanges extérieurs,

Elle s’est caractérisée par une amélioration du déficit du compte courant, s’établissant à 85,9 milliards (8,6 % du PIB) contre 88,2 milliards en 2008 (9,3 % du PIB), en liaison essentiellement avec la hausse des transferts courants. Par contre, le déficit du commerce extérieur a légèrement progressé à 69,4 milliards contre 67,2 en 2008, en raison principalement de la chute de 13 % des exportations de biens.

Par ailleurs, les principales contraintes récurrentes relevées par les entreprises enquêtées par la BEAC concernent, entre autres :

1. i) l’utilisation des techniques culturales rudimentaires, ii) l’absence de financement pour rendre opérationnelle la Société Centrafricaine des Fibres (SOFICA) et, iii) l’insécurité qui persiste au Nord-Est dont est victime le secteur agro-pastoral ;
2. les conséquences de la crise financière internationale sur les filières bois et diamant, et la fermeture de certains bureaux d’achat de diamant pour non respect des dispositions du code minier ;
3. i) les difficultés d’accès aux crédits bancaires par les entreprises industrielles, ii) les coupures récurrentes de l’électricité et, iii) la dégradation de certaines routes dans l’arrière-pays ;
4. i) le renchérissement du prix des matériaux de construction et, ii) la forte concurrence déloyale du secteur informel.

Enfin, les perspectives à court terme de l’économie centrafricaine sont relativement meilleures, en relation avec la reprise progressive de la croissance mondiale, le relèvement des cours mondiaux des produits de base, ainsi que le redressement des productions de coton, de café, de bois et de diamant. A cela, s’ajoute le renforcement des cultures vivrières ainsi que des activités de construction et des télécommunications. Toutefois, la persistance de l’insécurité dans le Nord-Est, la lenteur dans la mise en œuvre du programme DDR et le report des élections présidentielle et législative constituent des facteurs de risque à la réalisation de cet objectif.