Index > Actualités > Communiqués de presse  
 
COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA PREMIERE SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT DE LA CEMAC

(Malabo, le 29 juin 2005)

 
 

A l’invitation de Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Equatoriale, Président en Exercice de la CEMAC, la première session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC, s’est tenue le 29 juin 2005 à Malabo, au Palais de la Présidence de la République, à l’effet de débattre principalement des freins à l’intégration, conformément à une décision de la 6ème Session de la Conférence des Chefs d’Etat, tenue le 11 février 2005 à Libreville.

 

Cette Conférence au sommet a été précédée par la Première Session Extraordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Economique, tenue le 27 juin 2005, à Malabo.

 

La cérémonie solennelle d’ouverture de la Conférence des Chefs d’Etat a été couplée à la commémoration du 20ème anniversaire de l’entrée de la Guinée Equatoriale dans la Zone Franc, et marquée tour à tour, par le mot de bienvenue de Madame le Maire de Malabo, et par les allocutions du Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale, des Présidents respectivement, du Comité Ministériel et du Conseil des Ministres, du Représentant du Groupe des Ambassadeurs des pays membres de la CEMAC, suivies de l’intervention du Président de la République Centrafricaine, Son Excellence François BOZIZE, et du discours solennel d’ouverture de la Conférence Extraordinaire de son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Equatoriale, Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC.

 

Faisant le bilan des vingt ans d’intégration de la Guinée Equatoriale dans la Zone Franc d’une part et examinant les perspectives d’avenir de la Communauté d’autre part, l’ensemble des intervenants se sont réjouis des progrès considérables réalisés en matière économique, monétaire et financière par le pays hôte, et ont fortement suggéré d’engager une profonde réflexion en vue d’adapter les textes, les structures et les modalités de fonctionnement aux exigences du moment.

 

Dans son propos, le Secrétaire Exécutif a affirmé, que la seule voie de succès dans cet élan porteur d’espoir, pour des millions d’hommes et de femmes de notre Sous-région, réside dans l’observation rigoureuse, scrupuleuse et permanente, des normes communautaires ainsi que dans le respect des stratégies, des politiques et des programmes d’actions librement acceptés par tous les Etats membres.

 

Prononçant son discours d’ouverture, le Président en exercice de la Conférence, Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO a souhaité la bienvenue à ses Pairs, ainsi qu’à toutes les Hautes Personnalités invitées pour débattre et proposer des solutions aux distorsions, et autres insuffisances, parfois très graves, qui, aujourd’hui, risquent incontestablement de mettre en péril la survie, à tout le moins, l’évolution du processus de l’intégration économique dans notre Sous-région.

 

Dans cette importante adresse, le Président en exercice de la Communauté, a notamment tenu à rappeler à ses Pairs, le sens politique des mesures à prendre au cours de ce Sommet, pour avancer dans l’identification des goulots d’étranglement, et partant, la recherche des solutions idoines pour consolider le processus de construction de notre Communauté.

 

En outre, le président en exercice a, à nouveau, à son tour, exhorté ses Pairs à réviser les Textes de la Communauté afin de les moderniser et les rendre compatibles à la situation actuelle, dans un esprit d’équilibre et d’équité.

 

Passant à l’examen de leur ordre du jour, les Chefs d’Etat ont pris connaissance des résultats des Travaux du Conseil des Ministres.

 

Au cours de leurs débats, ils se sont longuement appesantis sur l’épineuse question de la non-application des Textes Communautaires.

 

A ce propos, les Chefs d’Etat et de Délégation, pleinement sensibilisés sur les graves insuffisances relevées tant au niveau Institutionnel qu’au niveau de la mise en œuvre des politiques économiques, fiscales et monétaire, ont de prime abord décidé de la création dans chaque Etat membre, là où cela ne serait pas encore effectif, des Structures Politico-Administratives chargées des questions de l’Intégration Régionale.

 

Il reviendra à ces Structures de jouer un rôle de centralisation et de coordination des Dossiers et des données sur toutes les questions de l’intégration régionale. Ces Administrations devraient être en outre de véritables interfaces entre les Institutions et Organismes de la Communauté, les Pouvoirs publics nationaux, le Secteur privé et la Société civile.

 

De même pour redynamiser l’efficacité de la relance de la Communauté, la Conférence des Chefs d’Etat, a décidé de commanditer un Audit général sur l’ensemble des Institutions et des Organes de la Communauté par un Cabinet extérieur spécialisé.

 

Sur cette question mandat a été donné au Président du Conseil des Ministres pour la définition de toutes les modalités pratiques en vue de lancer un appel d’offres international dans les meilleurs délais.

 

Il reviendra au Secrétaire Exécutif de présenter l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette étude à la prochaine Session de la Conférence des Chefs d’Etat pour décision.

 

Par ailleurs, sensibles au rapport du Conseil des Ministres sur la marche générale de la Communauté, les Chefs d’Etat et de Délégation ont instruit le Secrétaire Exécutif, en collaboration avec la Cour de Justice et les autres Institutions Communautaires de proposer, au cours de la prochaine session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat, un texte organisant le régime général des sanctions, en renforcement des Textes organiques actuels de la Communauté.

 

Sur les questions spécifiques du non-respect des droits, immunités et privilèges reconnus à la Communauté et à ses fonctionnaires, les Chefs d’Etat ont instruit les Ministres des Affaires Etrangères et ceux chargés des problèmes l’émi-immigration d’observer scrupuleusement les dispositions de l’acte additionnel N°06/99/CEMAC/CE du 18 décembre 1999.

 

De même, s’agissant du passeport CEMAC, il est instamment demandé aux autorités ministérielles citées ci-dessus, d’engager les formalités de notification de cet instrument Communautaire de voyage, aux Etats tiers et notamment à l’Administration américaine, à l’Union Africaine, en vue de sa mise en circulation immédiate.

 

Parallèlement le Secrétariat Exécutif devra adapter l’annexe du règlement y relatif pour sa mise en conformité aux normes sécuritaires et aux standards internationaux.

 

Quant à l’usage de la carte nationale d’identité comme seul document permettant aux ressortissants des Etats membres de la CEMAC de circuler librement au sein de la Communauté, les Chefs de l’Etat et de Délégation ont recommandé que son usage soit encouragé pour les Etats pratiquant déjà la libre circulation entre eux et exhortent les autres Etats à suivre progressivement le mouvement amorcé.

 

Abordant la question de la taxe communautaire à l’intégration (TCI) les Chefs d’Etat et de Délégation ont demandé aux Ministres des Finances d’opérer une application stricte et rigoureuse du mécanisme actuellement en vigueur, adopté par tous.

 

Sur la question de la réhabilitation et de la construction des sièges des Institutions et des Organismes de la Communauté, les Chefs d’Etat et de Délégation ont tenu, premièrement, à réaffirmer leur arrangement qui consiste, pour le pays sollicitant un siège, à donner à titre gracieux et provisoire, des locaux fonctionnels à l’Institution concernée.

 

Ils ont ensuite convenu, de confier désormais au Secrétaire Exécutif, au Gouverneur de la Banque Centrale et au Directeur de l’Institution intéressée la réalisation des travaux sur financement communautaire.

 

Examinant la situation au niveau économique, les Chefs d’Etat et de Délégation ont manifesté leur préoccupation, quant aux difficultés rencontrées pour la mise en place des cellules nationales de la Surveillance multilatérale.

 

A cet effet, ils ont instruit les Ministres chargés l’Economie et des Finances de faire fonctionner ces Structures.

 

Passant à l’examen des instruments fiscalo-douaniers, maillon essentiel de l’architecture de notre Communauté, les Chefs d’Etat et de Délégation se sont élevés contre les graves dérives relevées dans l’administration du tarif extérieur commun et du code de douanes.

 

Ils ont, une fois encore, appelé les Administrations Nationales concernées à l’application stricte des Textes de la réforme fiscalo-douanière en vigueur, ainsi qu’au respect des règles de concurrence instituées par l’Union Economique.

 

Abordant les questions monétaires et financières, les Chefs d’Etat et de Délégation ont suivi avec intérêt, l’exposé sur certains problèmes majeurs de l’heure qui se posent à notre Institution d’Emission Monétaire.

 

A cet égard, sur la question de la centralisation des avoirs extérieurs, ils se sont réjouis de la forte amélioration des réserves de change de la Communauté qui reflète les efforts de rapatriement dans les pays. Afin de consolider davantage cette évolution positive, ils ont exhorté leurs autorités monétaires à poursuivre ces efforts, appuyés par les mesures arrêtées au Conseil des Ministres lors des présentes assises.

 

Par ailleurs, et de manière générale, les Chefs d’Etat et de Délégation ont particulièrement instruit les premiers responsables des Institutions et Organismes de la Communauté, au premier rang desquels, le Secrétaire Exécutif, de développer une politique hardie de Communication en Direction de l’opinion publique Sous-régionale, en particulier, des Administrations, du Secteur privé, des Universitaires et de la Société civile.

 

Dans ce contexte, ils ont donné leur accord pour l’organisation mensuelle d’émissions à titre gracieux dans les radios et télévisions nationales, destinées à éclairer les opinions publiques sur les défis et enjeux de l’Intégration Régionale. Les Ministres impliqués dans les questions de l’Intégration Régionale et le Secrétaire Exécutif sont chargés chacun en ce qui le concerne de la mise en œuvre de cette instruction.

 

De même, ils ont encouragé la poursuite de la tenue des journées CEMAC par les Parlements nationaux, pour toucher le grand public et emporter l’adhésion des forces vives de la Sous-région au processus de l’Intégration économique et sociale dans notre Zone.

 

Enfin, les Chefs d’Etat et de Délégation ont été à nouveau informés des difficultés de la filière coton qui intéresse quatre Etats membres producteurs.

 

Sur cette question, compte tenu de l’importance économique et sociale de ce secteur, ils ont instruit le Secrétaire Exécutif de la Communauté de présenter à la prochaine Session, un rapport complet portant sur la situation de cette filière, ainsi que des mesures utiles en vue de la protection et de la redynamisation des activités du secteur cotonnier de la Sous-région.

 

Avant de clore leurs travaux, les Chefs d’Etat et de Délégation ont fait un large tour d’horizon de l’actualité politique régionale et internationale. Ils se sont félicités de la forte résolution du G8 d’engager un processus d’annulation de la dette d’un grand nombre de pays africains.

 

Ils se sont particulièrement réjouis de l’heureux aboutissement au processus de la transition et du retour à l’ordre constitutionnel en République Centrafricaine, et ils ont félicité le peuple centrafricain pour sa maturité politique, son civisme et sa sagesse démontrés lors des dernières échéances électorales.

 

A leur frère et ami le Général d’Armée François BOZIZE, Président démocratiquement élu de la République Centrafricaine, les Chefs d’Etat et de Délégation ont réitéré leurs vives et sincères félicitations pour cette brillante victoire.

 

Ils ont formulé le vœu que celle-ci, scelle définitivement le retour de la République Centrafricaine  à la paix et la stabilité pour la relance économique et sociale durable du pays.

 

Afin de consolider la normalisation de la situation dans ce pays frère après les récentes élections démocratiques, les Chefs d’Etat et de Délégation ont décidé d’apporter à la RCA, un soutien financier supplémentaire.

 

Ils ont décidé de proroger pour une période de six (6) mois renouvelable, le mandat de la Force Multinationale de la CEMAC (FOMUC) déployée en République Centrafricaine.

 

Dans leurs échanges, les Chefs d’Etat et de Délégation se sont une fois de plus préoccupés de la situation au Darfour, notamment des difficultés qui entravent les pourparlers actuels d’Abuja. Ils ont réaffirmé leur soutien à la médiation tchadienne et encouragé les frères soudanais ainsi que la Communauté Internationale à contribuer à un règlement pacifique de cette crise.

 

Avant de se séparer, les Chefs d’Etat et de Délégation ainsi que leurs épouses ont tenu à exprimer à leur illustre Frère et Ami, Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, à son Gouvernement et au peuple équato-guinéen tout entier, leurs vifs remerciements, pour l’accueil hautement fraternel et chaleureux ainsi que pour les délicates attentions dont ils ont bénéficié tout au long de leur séjour en terre équato-guinéenne.

 

Les travaux de la Première Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité, de compréhension réciproque et d’entente cordiale.-

 

 Fait à Malabo, le 29 juin 2005

 

Pour la Conférence,

Le Président en Exercice

OBIANG NGUEMA MBASOGO

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

DE GUINEE EQUATORIALE.